ConVergences, c’est la newsletter de On The Verge, le podcast dédié à la sexualité masculine
J’ai pensé cette newsletter comme un ensemble de rubriques à picorer au fil de la lecture, voici celles que vous y trouvez chaque mois : Les coulisses off , Dans la tête des hommes, Courrier du cul, Le labo du désir, Les bonnes fréquentations. Une newsletter pensée comme une conversation entre potes, plus intime et plus libre aussi.
Bienvenue 🧡
🔐 LES COULISSES OFF
Là où mon micro se coupe, mais pas les histoires…
Laurence, ou l'histoire d'une rencontre que je n'ai pas oubliée
Il y a des histoires que je garde pour moi. Pas parce qu'elles sont scandaleuses, croustillantes ou compromettantes (même si, rassurez-vous, j'en ai quelques-unes en stock). Mais parce qu'elles sont précieuses. Et que certaines rencontres méritent qu'on prenne le temps de les raconter.
Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de Laurence.
Tout commence en mai 2021, avec un email. À l'époque, je reçois déjà beaucoup de messages d'auditeurices. Des hommes, des femmes, des personnes qui me remercient, qui réagissent à un épisode, qui me racontent parfois des morceaux entiers de leur vie. Mais celui de Laurence m'a arrêtée. Elle m'explique qu'en l'espace de 4h, elle a appris 2 nouvelles qui ont fait voler son quotidien en éclats. Son mari, avec lequel elle partageait sa vie depuis 22 ans, la trompait. Et elle venait de perdre son travail. Un travail qu'elle adorait. Je vous laisse imaginer l'état dans lequel on peut se retrouver. Alors Laurence s'est mise à chercher des réponses. À essayer de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans la tête des hommes. Et, comme elle l'écrivait avec un humour que j'avais beaucoup aimé, dans leur slip aussi. C'est comme ça qu'elle est tombée sur On The Verge. Elle a commencé à écouter les épisodes. Et ce qui m'a bouleversée dans son message, c'est qu'elle ne me disait pas avoir enfin compris son mari. Non. Elle m'expliquait qu'en écoutant tous ces hommes raconter leurs fragilités, leurs contradictions, leurs histoires d'amour, leurs désirs et leurs blessures, elle avait retrouvé quelque chose qu'elle pensait avoir perdu.
Une forme de confiance dans les hommes. Elle écrivait même : « Je suis réconciliée avec le genre masculin. » Vous imaginez recevoir ça dans votre boîte mail un mardi soir ? J'ai été tellement touchée par ses mots que j'ai décidé d'en lire une partie à la fin d'un épisode, comme une petite dédicace. Sans la prévenir. Bon, avec le recul, j'aurais probablement dû lui demander son accord avant. Mais à ce moment-là, j'avais simplement envie que les auditeurices entendent ce que leurs témoignages pouvaient provoquer chez une femme qui traversait une période aussi douloureuse. Laurence m'a répondu. Elle était surprise. Très émue aussi. Nous avons échangé quelques messages. Elle me racontait qu'elle prenait désormais du temps pour elle, qu'elle essayait de réaligner ses étoiles, et qu'elle avait décidé que la suite de sa vie serait plus savoureuse. J'ai trouvé cette phrase magnifique. Et puis la vie a continué.
Jusqu'en 2022. Cette année-là, à l'occasion d'une séance de dédicace de mon livre (ed. Robert Laffont), une femme s'est approchée de moi. Une très belle femme, élégante, puissante, avec cette douceur qui n'enlève rien à la force, bien au contraire. Elle m'a regardée et m'a simplement dit : « Je suis Laurence. » Et j'ai compris qui elle était. Nous nous sommes prises dans les bras. Pas la petite accolade polie qu'on échange avec une personne rencontrée dans une librairie. Non. Une véritable étreinte, longue, tendre, presque familière. Alors que, techniquement, nous nous rencontrions pour la 1ère fois. Je crois que c'est ce qui m'émeut le plus dans cette histoire. Nous ne nous connaissions pas. Nous n'avions jamais partagé un café, jamais passé une soirée ensemble. Et pourtant, quelque chose existait déjà entre nous. Grâce à des histoires d'hommes. Je parle souvent de la confiance que mes invités m'accordent en venant raconter leur intimité au micro. Mais je pense moins souvent à celle que les auditeurices me témoignent lorsqu'ils m'écrivent.
On The Verge est né de mon envie de mieux comprendre les hommes. Je n'avais pas imaginé qu'un jour, ce podcast pourrait aussi aider une femme à se réconcilier avec eux. Et encore moins qu'il m'offrirait ce moment de connexion sincère et précieux. Laurence, si tu me lis, je t'embrasse et je t’espère heureuse.
🧠 DANS LA TÊTE DES HOMMES
Une plongée en terre (in)connue
L'homosexualité : c'est dans les gènes, dans la tête ou dans le slip ?
Il y a une question qui revient régulièrement lorsque je discute avec des hommes de leur orientation sexuelle. « Mais au fond, on naît homosexuel ou on le devient ? » Et sa petite cousine : « Est-ce qu'on est tous un peu homosexuels ? » J'avoue que j'aime bien cette deuxième question. Elle donne l'impression qu'on pourrait passer les hommes dans une sorte de scanner à homosexualité.
Veuillez patienter. Analyse de votre attirance pour Tom Hardy en cours. Résultat : 17 %. Sauf que, évidemment, ça ne fonctionne pas comme ça. Commençons par la génétique. Non, les scientifiques n'ont pas découvert LE gène de l'homosexualité. Ce serait un peu trop simple. Et probablement assez inquiétant si quelqu'un décidait d'en faire un test vendu en pharmacie. Les recherches suggèrent que l'orientation sexuelle résulte d'une combinaison complexe de facteurs biologiques et développementaux, notamment génétiques. Aucun facteur unique ne permet de la prédire. Et surtout, l'homosexualité n'est ni une maladie, ni un trouble psychologique, ni quelque chose qu'il faudrait corriger. Mais alors, pourquoi certains hommes découvrent-ils leur attirance pour d'autres hommes à 15 ans, et d'autres à 45 ?
C'est une question passionnante. Depuis 2019, j'ai rencontré des hommes qui ont toujours su qu'ils étaient homosexuels. D'autres qui ont mis des années à accepter cette évidence. D'autres encore qui se sont longtemps pensés hétérosexuels avant de découvrir une attirance physique et romantique pour les hommes. Et certains qui ont expérimenté avec un homme sans pour autant se définir comme homosexuels ou bisexuels. Ce que j'ai appris, c'est qu'il faut distinguer trois choses : L'attirance. Les pratiques. L'identité. On peut ressentir une attirance pour quelqu'un sans jamais passer à l'acte. On peut avoir une expérience sexuelle avec un homme sans se définir comme gay. Et on peut être homosexuel sans avoir encore eu la moindre relation sexuelle. Autrement dit, une pratique ne suffit pas à résumer une personne.
Et ce fameux curseur, alors ? Vous avez peut-être entendu parler de l'échelle de Kinsey, développée au milieu du XXe siècle. Elle propose de situer les comportements et les attirances sexuelles sur un continuum allant de 0, exclusivement hétérosexuel, à 6, exclusivement homosexuel. Avec, entre les deux, plusieurs nuances. L'idée était assez révolutionnaire pour l'époque : sortir de la vision selon laquelle il existerait deux catégories parfaitement étanches. Mais attention, ce n'est pas un test ADN du désir. Et ce n'est pas non plus une règle universelle capable de décrire toute la complexité de l'orientation sexuelle. D'autant que nos attirances, nos comportements et la manière dont nous nous définissons ne coïncident pas toujours parfaitement. Certaines personnes vivent aussi une évolution de leurs attirances au cours de leur vie. Ce n'est ni systématique ni quelque chose qu'on peut provoquer à volonté. Et c'est peut-être là que se situe le sujet qui m'intéresse le plus. Je me demande si nous ne pourrions pas aussi accepter que certaines personnes aient besoin de temps pour comprendre ce qu'elles ressentent. Et que d'autres n'aient tout simplement pas envie de se définir.
Après tout, on peut être très au clair avec son désir sans avoir envie de remplir un formulaire à chaque fois qu'on embrasse quelqu'un.
💌 COURRIER DU CUL
Ce que les auditeurices de OTV me partagent
“ Bonjour Anne-Laure, Je suis un homme de 34 ans, en couple avec une femme depuis plusieurs années. Je me suis toujours considéré comme hétéro. Depuis quelque temps, je ressens pourtant une attirance assez troublante pour un ami proche. Je ne sais pas si c'est physique, affectif, ou un mélange des deux. Je pense souvent à lui et il m'arrive même de fantasmer. Je n'ai jamais rien vécu avec un homme et je ne sais pas quoi faire de tout ça. Est-ce que ça veut dire que je me suis menti toute ma vie ? T.”
Hello T.,
Alors déjà, je vais te rassurer sur un point : tu n'es pas obligé de réunir un conseil pour statuer sur ton orientation sexuelle avant vendredi ! Ce que tu décris me fait penser à plusieurs hommes que j'ai reçus au micro. Des hommes qui avaient construit leur vie autour d'une certaine idée d'eux-mêmes. Et qui, un jour, se sont retrouvés face à une attirance qu'ils n'avaient pas anticipée. Ce qui me frappe dans ton message, c'est cette phrase : « Est-ce que ça veut dire que je me suis menti toute ma vie ? » Pourquoi partir du principe que ce que tu ressens aujourd'hui invalide forcément tout ce que tu as ressenti avant ? Tu peux avoir sincèrement aimé et désiré des femmes. Et découvrir aujourd'hui une attirance pour un homme. Les deux ne sont pas nécessairement incompatibles. Tu n'as pas non plus besoin de décider immédiatement si tu es hétérosexuel, bisexuel ou autre chose. Peut-être que cette attirance restera un fantasme. Peut-être qu'elle t'amènera à te poser d'autres questions. Peut-être aussi qu'elle te permettra simplement de mieux comprendre certaines facettes de ton désir. En revanche, tu es en couple, et cette dimension mérite elle aussi ton attention. Ressentir une attirance n'est pas tromper. Ce que tu décideras éventuellement d'en faire relève des accords et des limites de votre relation. Alors, plutôt que de chercher immédiatement une réponse à « Qui suis-je ? », je t'inviterais à commencer par : « Qu'est-ce que je ressens exactement, et qu'est-ce que j'ai envie d'en faire ? » Tu as le droit de prendre ton temps. Et tu n'as pas besoin d'une expérience sexuelle pour légitimer une interrogation. Amitiés, Anne-Laure 🧡
🧪 LE LABO DU DÉSIR
Le terrain d’exploration autour de la sexualité
Et si on parlait un peu de cul entre ami.e.s ?
Je vous vois venir 😏 Non, je ne vous propose pas d'organiser une soirée coquine au prochain apéro chez vos voisins. Quoique, chacun son programme. (ça dépend des voisins bien sûr!)
Ce mois-ci, j'aimerais vous proposer quelque chose de beaucoup plus simple : mettre un peu de sexualité dans vos conversations entre ami.e.s. Parce qu'on parle assez facilement de boulot, d'enfants, de vacances, de restaurants, de séries... Mais dès qu'il s'agit de sexualité, les conversations deviennent parfois étrangement silencieuses. Ou alors elles basculent dans la bonne vieille blague graveleuse. Et c'est bien dommage ! Je suis convaincue qu'on apprend énormément des autres quand on ose parler de désir, de relations, de fantasmes ou de premières fois.
Alors voici mon petit jeu du mois.
Le principe : lors de votre prochain apéro, chacun pioche une question et répond s'il en a envie. On peut passer son tour, évidemment. Et tout ce qui se dit autour de la table y reste.
🍸 Niveau 1 : on se chauffe doucement
Quel est ton plus gros green flag chez quelqu'un ?
Quel personnage de fiction a provoqué ton premier crush ?
Quel est le pire conseil amoureux ou sexuel qu'on t'ait donné ?
Quelle chanson trouves-tu incroyablement sexy sans trop savoir pourquoi ?
🌶️ Niveau 2 : ça devient intéressant
Quel est le plus gros malentendu que tu aies vécu lors d'un rendez-vous amoureux ?
Quelle idée reçue sur la sexualité as-tu complètement abandonnée avec l'âge ?
Y a-t-il une chose que tu trouvais peu attirante à 20 ans et que tu adores aujourd'hui ?
Qu'est-ce qui te séduit le plus chez quelqu'un, en dehors de son physique ?
🔥 Niveau 3 : les langues se délient
As-tu déjà été attiré·e par quelqu'un qui ne correspondait absolument pas à ton « type » ?
Quel sujet intime aimerais-tu pouvoir aborder plus facilement avec ton ou ta partenaire ?
Y a-t-il un fantasme que tu préfères garder dans ton imaginaire plutôt que de réaliser ?
Qu'est-ce que tu as découvert sur ton propre désir ces dernières années ?
Pas besoin de répondre à tout. Et surtout, pas besoin de raconter votre vie sexuelle dans les moindres détails. L'objectif n'est pas de mettre quelqu'un mal à l'aise ou de lui soutirer une confession. C'est de découvrir qu'on peut parler de sexualité autrement qu'avec gêne, provocation ou jugement.
Et si votre prochain dîner entre ami.e.s devenait un peu plus intéressant que la météo et les prix de l'immobilier ?
🧪 LES BONNES FRÉQUENTATIONS
Livres, podcast set ressources diverses
Quelques contenus que je vous recommande pour continuer à explorer les questions d’intimité, de sexualité, de désir et de masculinité.
🎧 Couilles sur la table : Le très bon épisode “La Grèce antique : un paradis gay ?”
🎧 Le Grand Reportage : “Assistants sexuels pour personnes handicapées : la fin du tabou ?”
🎧 France Info : Le reportage "Les séropositifs ne sont pas malades : entre discriminations et idées reçues, le difficile combat contre la sérophobie.”
🙈 HORS CONTEXTE
Le truc que j'ai envie de partager mais je ne sais pas où le mettre #titre
📣📣📣📣 Appel à témoins DANS TOUTE LA FRANCE
🎙️ 🎧 🧠 🗣️ Si vous êtes un homme et que vous pensez avoir une histoire à raconter, sachez que mon micro est ouvert et peu importe où vous habitez. Grace aux premières contributions du Patreon lancé en avril dernier je vais pouvoir organiser un petit tour de France pour venir enregistrer dans plusieurs grandes villes. Les donations vont me permettre de payer les billets de train et quelques frais mais je vais quand même devoir squatter les canapés ou chambres d’amis des copains… ! Si vous avez envie de partager votre témoignage il vous suffit de suivre ce lien.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ Vos avis comptent … vous n’êtes pas sans savoir qu’il est difficile d’exister au milieu de tous ces podcasts qui sortent chaque mois ! Surtout quand on est indépendant.e. Donc n’hésitez pas à ajouter un avis et des étoiles sur Apple Podcast ou Spotify. Cela permet au podcast de gagner en visibilité et ça c’est chouette. 🫶
À très vite,
Anne-Laure
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