ConVergences, c’est la newsletter de On The Verge, le podcast dédié à la sexualité masculine créé en 2019.
Ici, c’est l’endroit où je partage ce qui déborde des épisodes : les confidences off, les réflexions que les témoignages provoquent chez moi, les contradictions que j’observe depuis +7 ans et +de 130 témoignages et tout ce qui n'a pas sa place dans les épisodes et que j'ai SURTOUT envie de vous partager !
J’ai pensé cette newsletter comme un ensemble de rubriques à picorer au fil de la lecture, voici les rubriques que vous y trouverez chaque mois :
🔐 Les coulisses off : Là où mon micro se coupe, mais pas les histoires …
🧠 Dans la tête des hommes : Une plongée en terre (in)connue
💌 Courrier du cul : Des échanges avec les auditeur·ices que je vous partage
🧪 Le labo du désir : le terrain d’exploration autour de la sexualité
🗺️ Les bonnes fréquentations : livres, podcasts et ressources diverses …
Une newsletter pensée comme une conversation entre potes, plus intime et plus libre aussi.
Bienvenue 🧡
🔐 Les coulisses off
Là où mon micro se coupe, mais pas les histoires…
Ils pensent tous être le seul. C’est probablement ce qui les rassemble le plus.
Il y a une phrase que j’entends très souvent. Pas toujours avec les mêmes mots. Mais le fond est le même. “Je ne sais pas si je suis normal.” Depuis plus de sept ans que je tends un micro à des hommes, j’ai perdu le compte du nombre de fois où cette inquiétude s’est invitée dans une conversation.
L’un pense qu’il a trop de désir. L’autre pas assez. L’un culpabilise de fantasmer sur le libertinage. L’autre de ne jamais y avoir pensé. L’un se masturbe 4 fois par jour. L’autre a essayé une seule fois, et n’a pas aimé. L’un découvre le plaisir prostatique à 45 ans. L’autre n’a jamais osé dire qu’il n’aimait pas pénétrer.
À chaque fois, ils pensent être un cas particulier.
Et moi, à chaque fois, je leur dis : “tu serais surpris de voir à quel point vous vous ressemblez.” C’est peut-être ça, finalement, la plus belle des convergences !
🧠 Dans la tête des hommes OTV
Une plongée en terre (in)connue
L’épisode avec Yannick (épisode #131) me reste encore en tête. Pas seulement parce qu’il raconte sa bisexualité, son divorce tres compliqué ou ses relations mouvementées. Mais parce qu’il met des mots sur quelque chose que j’entends très souvent chez les hommes que je rencontre : La fatigue. (Pas la fatigue physique ou mentale). La fatigue de tenir un personnage.
Pendant des années, Yannick a essayé d’être celui qu’il pensait devoir être. Le bon mari mais aussi le bon père. L’homme hétéro et celui qui ne doute pas. L’homme qui avance sur tous les pans de sa vie. Et puis un jour, ce costume est devenu trop lourd.
Ce qui me frappe, c’est que cette histoire dépasse largement la question de l’orientation sexuelle. Je retrouve ce mécanisme chez beaucoup d’invités. Ils ne « cachent » pas tous la même chose. Certains taisent une préférence, (comme Kévin et son épisode #117 consacré à ce qu’il assume désormais) un fantasme (je pense à David de l’épisode #81 et son fantasme de faire appel à une Domina) ou encore une pratique marginale et/ou transgressive.
D’autres encore leur vulnérabilité, leur manque de désir, leurs difficultés d’érection ou simplement leurs émotions. Mais le ressort est souvent le même : “Si je montre qui je suis vraiment… est-ce que je serai encore aimé ?” Je crois que c’est une question profondément masculine. Parce qu’on apprend encore beaucoup aux garçons à être admirés avant d’être compris. À être solides avant d’être sincères. Et ça finit parfois par coûter très cher.
Ce que j’ai aimé dans le témoignage déposé par Yannick, ce n’est pas qu’il arrive avec des réponses. C’est qu’à 47 ans, il accepte enfin de raconter son histoire sans chercher à convaincre qui que ce soit. Juste à dire : “Voilà où j’en suis.”
Je trouve qu’il y a beaucoup de courage là-dedans. Et, peut-être, une forme de liberté. Parce qu’au fond, je crois que mûrir, ce n’est pas tout comprendre. C’est arrêter de dépenser autant d’énergie à faire semblant.
💌 Courrier du cul
Ce que les auditeurices de OTV me partagent
“Bonjour Anne-Laure, Mon compagnon et moi nous aimons énormément, mais nous n’avons pas du tout la même libido. Il pourrait faire l’amour tous les jours. Moi, une fois par semaine me suffit largement. Avec le temps, j’ai fini par appréhender ses gestes tendres, de peur qu’ils débouchent sur une relation sexuelle. Je culpabilise tellement, et j’ai peur qu’il finisse par croire que je ne le désire plus et aille voir ailleurs. Comment on sort de ce cercle ? J. (DM Instagram)
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Hello J., Déjà, merci pour ton message. Et merci d’oser écrire quelque chose que beaucoup vivent… sans forcément le dire. Ce qui m’a frappée en te lisant, ce n’est pas tant votre différence de libido. C’est la phrase : «j’appréhende ses gestes tendres »Parce qu’à partir du moment où une caresse, un câlin ou un baiser deviennent automatiquement le début d’un rapport sexuel, on perd quelque chose de précieux : la tendresse gratuite. On imagine souvent que le partenaire qui a le moins de désir “rejette” l’autre. Alors qu’en réalité, il cherche parfois simplement à pouvoir prendre son ou sa partenaire dans ses bras… sans avoir la sensation de lancer une machine dont il ne maîtrise plus la suite.
De ce que tu me partages vous n’avez pas un problème de désir. Vous avez probablement besoin de redéfinir ensemble ce que signifie l’intimité.
Est-ce qu’un massage doit forcément mener au sexe ?
Est-ce qu’un baiser est toujours une invitation ?
Est-ce qu’on peut se faire un câlin juste pour le plaisir d’être proches ? Ces questions paraissent simples, mais elles changent beaucoup de choses.
Enfin, j’aimerais te dire une dernière chose. Avoir moins envie que sa partenaire ne devrait pas te faire culpabiliser. La libido n’est pas un concours, et certainement pas une preuve d’amour. L’important est d’en parler surtout. Le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire, c’est peut-être de remettre de la curiosité dans votre intimité, plutôt que de compter les rapports sexuels.
Amitiés, AL
🧪 Le labo du désir
Le terrain d’exploration autour de la sexualité
Un petit exercice sexy en ce (très/trop) chaud mois de juillet 🔥
👉 Le défi des 10 secondes : Voici une expérience toute simple : La prochaine fois que vous embrassez votre partenaire, ne cherchez rien d’autre.
Pas de suite, pas d’objectif, pas de montée en température. Embrassez-vous… dix secondes. Dix vraies secondes. Vous verrez, c’est étonnamment long. Et posez-vous cette question ensuite : Est-ce que j’ai embrassé pour ressentir quelque chose… ou pour arriver quelque part ?
Pas besoin de trouver une réponse tout de suite. Mais observez.
🧪 Les bonnes fréquentations
Livres, podcast set ressources diverses
Quelques contenus que je vous recommande chaleureusement pour continuer à explorer les questions d’intimité, de désir et de masculinité.
📚 « Amour et sexualité c’est pas si compliqué » — Dr Gilbert Bou Jaoudé : Un livre qui démonte avec beaucoup de pédagogie les idées reçues sur le désir, le plaisir et la vie de couple. Une lecture accessible, sans jugement, qui rappelle que la sexualité n’est pas une performance, mais avant tout une rencontre avec soi et avec l’autre, écrit par ce très chouette Gilbert !
📚 Incroyable hors série du Nouvel Obs. « Il était une fois l’homme. 3000 ans de masculinités » Des enquêtes de qualité sur les représentations de la masculinité à travers les époques. J’y ai appris pas mal de choses ; Sous Louis XIV, les talons hauts, les perruques et le maquillage étaient des attributs de puissance... réservés aux hommes de la cour. Rien à voir avec l'image de la virilité que l'on s'en fait aujourd'hui. Ou encore l'idée selon laquelle un homme ne devrait jamais montrer ses émotions est finalement assez récente. Selon les époques, pleurer, écrire des poèmes ou afficher sa sensibilité faisaient pleinement partie des qualités attendues d'un homme.
🎧 Le Boobcast, le podcast imaginé et incarné par Adèle Sautereau. J’aime tellement sa façon d’aborder l’intimité, le corps et les émotions avec finesse, curiosité et beaucoup d’humanité. Avec comme fil conducteur les seins, si vous aimez les conversations sincères, qui prennent le temps d’explorer les parcours de vie plutôt que de délivrer des vérités toutes faites, je suis prête à parier que vous vous y sentirez bien. Et puis, petit clin d’œil : dans l’épisode #33, c’est moi qui suis passée de l’autre côté du micro. Une expérience aussi intimidante qu’enrichissante, qui m’a permis, pour une fois, de raconter mon histoire plutôt que d’écouter celle des autres. Merci Adèle 🫶
💌 @coeurnichons — compte Insta et podcast : Ivo est un auteur, journaliste et créateur de contenus autour de l’intimité queer (mais pas que). Il est sensible, cash, drôle et pertinent dans ce qu’il propose à travers son compte insta et son podcast Queeriosité. (J’espère le recevoir un jour à mon micro!)
🙈 Hors contexte
Le truc que j'ai envie de partager mais je ne sais pas où le mettre #titre
La saison 8 s’achève après 20 merveilleux épisodes. Merci à Fred (#113) qui a partagé sa reconstruction après la maladie puis le deuil de son compagnon, Tomas (#114) et sa double vie sur les applications de rencontre, Mark (#115) qui a flirté avec le milieu mascu tout en cherchant encore sa place, Diego (#116) et son parcours de GPA, Kevin (#117) et son attirance désormais assumée pour les femmes trans, Nilo (#118) qui accueille ses préférences BDSM, Stan (#119) qui prend le temps de mieux se comprendre et de se choisir, Basile (#120) et la branle entre potes, Luca (#121) qui est passé tout près de devenir prêtre avant d’accepter son homosexualité, Arthur (#122), atteint d’une forme sévère de la maladie de Crohn, qui a vécu sa première fois avec une accompagnatrice sexuelle à 38 ans, Adrien Romanenko (#123) et la chasteté masculine contrôlée, Olivier aka @captain_icarus_ (#124), survivant et grand brûlé à 97%, Xavier (#125) et la non-période réfractaire, Fabrice (#126), accompagnant sexuel au grand cœur, Adrien (#127) qui redéfinit le rapport sexuel hétéronormé, Vincent (#128) qui a trouvé son équilibre, Guillaume (#129) qui partage son parcours de vasectomie et de vaso-vasostomie, Théo (#130), enfin en accord avec lui-même, Yannick (#131) et une bisexualité longtemps tue, et enfin Maxime Andolini XXL (#132), acteur de films pour adultes, qui est venu avec beaucoup de générosité partager son parcours.
Quand je relis cette liste, je me dis qu’il serait impossible de résumer les hommes à une seule histoire. Cette saison, il a été question de deuil, de désir, de paternité, de handicap, d’homosexualité, de bisexualité, d’hétérosexualité, de BDSM, de religion, de corps, de plaisir, de doute, de reconstruction… Autant de trajectoires qui, mises bout à bout, dessinent une image bien plus nuancée de la masculinité que celle que l’on voit encore trop souvent.
Merci à chacun de mes invités pour leur confiance. Et merci à vous, qui êtes toujours plus nombreux·ses à écouter ces récits, à les partager, à en discuter, parfois même à vous y reconnaître.
🎙️ 🎧 🧠 🗣️ Si vous êtes un homme et que vous pensez avoir une histoire à raconter, sachez que mon micro est ouvert. Pas besoin d’avoir vécu quelque chose d’extraordinaire. Souvent, ce sont les histoires que leurs auteurs jugent “banales” qui résonnent le plus. Et si vous êtes une femme, n’hésitez pas à transmettre cet appel autour de vous. Un proche, un compagnon, un ami, un collègue… Vous connaissez peut-être quelqu’un qui aurait beaucoup à dire, sans jamais avoir imaginé qu’on puisse l’écouter.
👉 🏝️ ☀️ Et le podcast continue cet été. Je vous prépare quelques surprises avec des formats inédits. J’ai hâte de vous les faire découvrir !
🎈 J’espère que cette newsletter vous donnera autant à réfléchir qu’elle m’en donne à la penser. Et surtout, continuez à m’écrire que ce soit sur le podcast ou des retours concernant cette newsletter.
À très vite,
Anne-Laure
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ Vos avis comptent … vous n’êtes pas sans savoir qu’il est difficile d’exister au milieu de tous ces podcasts qui sortent chaque mois ! Surtout quand on est indépendant.e. Donc n’hésitez pas à ajouter un avis et des étoiles sur Apple Podcast ou Spotify. Cela permet au podcast de gagner en visibilité et ça c’est chouette. 🫶
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